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Cité des humanités et des sciences sociales

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« Je le souhaite plutôt que je ne l’espère ». L’Utopie de Thomas More

Yves Hersant, historien des arts et de la littérature à la Renaissance, École des Hautes Etudes en Sciences Sociales

L’Utopie, ou Traité de la meilleure forme de gouvernement, est l’un des textes les plus énigmatiques et les plus audacieux de la Renaissance. Son auteur, l’éminent humaniste et homme politique Thomas More (décapité en 1535, canonisé quatre cents ans plus tard), se livre d’une part à une féroce dénonciation des mœurs du temps — intolérance religieuse, guerres, ambitions princières, injustices sociales...—, d’autre part à la minutieuse description d’un monde idéalisé, où la propriété privée serait inconnue et la prospérité générale. L’Île de Nulle Part qu’est étymologiquement l’ U-topie est aussi une Eu-topie,  c’est-à-dire une Île du Bonheur : le voyage fictif s’effectue du réel au virtuel et semble appeler le mouvement inverse. Mais les ambiguïtés du texte, et notamment la dernière phrase, révèlent les complexités de ce « monde virtuel », premier d’une longue série d’utopies aussi aliénantes qu’émancipatrices.

Conférence donnée le 5 Octobre 2015

Pour en savoir plus

MORE T., L’Utopie ou Le Traité de la meilleure forme de gouvernement, Paris, GF Flammarion, rééd. 1987.
PRÉVOST A., Thomas More (1478-1535) et la crise de la pensée européenne, Paris, Mame, 1969.
PRÉVOST A., Introduction à la traduction de L’Utopie, Paris, Mame, 1978.
TROUSSON R., Voyages aux pays de Nulle Part, Bruxelles, Éd. de l’Université de Bruxelles, rééd. 1999.
MARIN L., Utopiques : jeux d’espaces, Paris, Minuit, 1973.