L'hospitalité dans la langue de l'autre ou ce que peut la littérature

Mireille Calle-Gruber, écrivain, professeure de littératures française et francophone, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

« Un acte d’hospitalité ne peut être que poétique », déclarait le philosophe Jacques Derrida. En faisant de la littérature un acte d’hospitalité, les écrivains francophones du Maghreb — ainsi Assia Djebar, Abdelkebir Khatibi — ou liés au Maghreb et parfois même nés en France ou d’une génération plus jeune — ainsi Nina Bouraoui —, ont donné à la création littéraire ses lettres de noblesse à la fois poétiques et politiques. À partir de 1950, l’écriture dans la langue de l’ex-colonisateur travaillant à la croisée des langues et inventant des formes hybridées, donne naissance à des œuvres fortes et singulières qui retraversent l’histoire douloureuse, le passif colonial et le ressentiment.

 

Elles se confrontent à la mémoire collective et aux récits biographiques, posent la question de la prise de parole des femmes, voire des féminismes, et appellent à la nécessité de prendre en compte l’inscription du genre et des différences sexuelles dans la littérature.

Conférence donnée le 20 Février 2017

Pour en savoir plus

ASSIA DJEBAR, L’Amour, la fantasia, Paris, Livre de Poche, 1985

ASSIA DJEBAR, Femmes d’Alger dans leur appartement, Paris, Livre de Poche, 1980

NINA BOURAOUI, Garçon manqué, Paris, Stock, 2000

MARIE NDIAYE, Rosie Carpe, Paris, Minuit, 2001

MARIE NDIAYE, Les Grandes personnes, Paris, Gallimard, 2011

ABDELKEBIR KHATIBI, La Mémoire tatouée, Paris, Denoël, 1971

ABDELKEBIR KHATIBI, Roman-récit, Paris, La Différence, 2008

JACQUES DERRIDA, Le Monolinguisme de l’autre, Paris, Galilée, 1996