Le malheur d’être femme : de la désinvolture à la compassion dans la littérature médiévale

Pascale Bourgain, Historienne des textes, professeure, École nationale des Chartes

La liberté de disposer de soi-même est un principe admis par les penseurs médiévaux, mais généralement peu appliqué, et les contraintes envers les femmes sont constantes dans les faits. Les clercs qui tiennent la plume admirent cette liberté dans le libre choix de la chasteté (saintes et religieuses) ; le libre consentement accompagnant une union reste pour eux un idéal. Devant les faits réels, moins idylliques, les historiens font montre d’une réprobation discrète ou d’une apparente insensibilité ; les poètes fantasment parfois avec désinvolture sur des récits de viol, mais composent aussi des lamentations d’abandonnées, de religieuses sans vocation et d’épouses maltraitées. On voit naître, surtout à partir du XIIe siècle et dans les romans, une compassion qui se fait véritable sympathie et compréhension.

Conférence donnée le 13 Avril 2015

Pour en savoir plus

L’Église et les femmes dans l’Occident chrétien des origines à la fin du Moyen Âge, P. L’HERMITTE, J. LECLERCQ, Brepols, Turnhout, 1997

Histoire des femmes en Occident, t. II. Le Moyen Âge, G. DUBY, M. PERROT (dir.), Plon, Paris, 1991

Amour, mariage et transgressions au Moyen Âge, éd. D. BUSHINGER, A. CREPIN, Kimmerle Verlag, Göppingen, 1984

Le mariage vu par les moines au XIIe siècle, J. LECLERCQ, Cerf, Paris, 1983