Publié le 6 août 2019 Mis à jour le 27 août 2019

Le Centre d’études himalayennes (CEH, CNRS) et le Centre d’histoire sociale (CHS, Paris 1 Panthéon Sorbonne) ont remporté, en partenariat avec le Campus Condorcet, des appels à projets du GIS CollEx-Persée.

Grâce au soutien de CollEx, ces deux centres de documentation vont pouvoir indexer, numériser et mettre en ligne deux fonds d’archives scientifiques rares dans la bibliothèque numérique du Campus Condorcet : « Capitales en Himalaya » pour le CEH, et « Mai 68 » pour le CHS.

Le GIS CollEx-Persée a pour objectif d’organiser collectivement la valorisation des grands gisements documentaires patrimoniaux et scientifiques sur tous supports, et de promouvoir ces collections en facilitant leur utilisation en corrélation avec les autres matériaux de la recherche et en favorisant les initiatives prises en association avec les chercheurs.

Le Grand équipement documentaire a été sélectionné pour être bibliothèque délégataire ColleEx-Persée. C’est dans ce cadre que les projets de numérisation du CEH et du CHS s’inscrivent.

« Capitales en Himalaya » - Archives photographiques du Centre d’études himalayennes

Corneille Jest - Foule des spectateurs sur les gradins du Nyatapola, Bhaktapur, Katmandou, Népal, 1969

Foule des spectateurs sur les gradins du Nyatapola, Bhaktapur, Katmandou, Népal, 1969

Parmi la dizaine de fonds d’archives de chercheurs qu’il conserve, le CEH a retenu le thème des « capitales en Himalaya dans ses archives photographiques ». Ce corpus représente un patrimoine de 11 015 photographies, négatifs et diapositives, dont la constitution a été initiée dès 1960 par Corneille Jest, ethnologue et fondateur du CEH, et régulièrement alimenté depuis par d'autres chercheurs. Les quatre capitales de cette région (Katmandou au Népal, Lhasa au Tibet, Leh au Ladakh et Thimphu au Bhoutan) sont ainsi remarquablement documentées avant les mutations profondes qu’elles ont subies ultérieurement : urbanisation, croissance démographique, atteintes au patrimoine bâti et artistique, ouverture vers l’extérieur.


La numérisation permettra de préserver ces archives scientifiques uniques au monde, et de les décrire précisément en profitant, dans la mesure du possible, de l’expertise et du conseil de leurs producteurs. La mise en ligne de ces matériaux dans la bibliothèque numérique du Campus Condorcet valorisera ces travaux, ouvrira des perspectives de recherche transversales, et permettra de restituer aux populations locales la documentation collectée chez elles depuis plusieurs décennies.


Aussi, le fonds constituera à terme le maillon français d’une photothèque numérique internationale sur l’Himalaya. Cette dernière devrait prendre la forme d’un consortium que l’équipe du CEH met actuellement en place avec des institutions de recherche américaine, chinoise, indienne et autrichienne.

« Mai 68 » - Archives du Centre d’histoire sociale

Mai 68 - CHS

Le fonds d’archives « Mai 68 » détenu par le CHS est le fruit de collectes de documents réalisées à chaud lors des événements de mai-juin 1968 à la Sorbonne et dans diverses universités françaises. Il comprend, au-delà de tracts et slogans généraux, des documents uniques, produits à l’occasion des événements, à Paris ou en province.


Une partie de ces documents furent collectés par Jean Maitron, pionnier de l’histoire ouvrière en France, et rassemblés dans le Recueil « La Sorbonne par elle-même » réalisé en juillet 1968 par Michelle Perrot, Madeleine Rebérioux et Jean Maitron (Le Mouvement social, n°64). A ce premier fonds, viennent s’ajouter des dons successifs de décembre 1968 à 1986, qui permettent aujourd’hui de disposer d’un ensemble documentaire d’une grande ampleur (4,72 mètres linéaires).

Une fois numérisé, le fonds « Mai 68 » viendra alimenter la première collection d’archives de la bibliothèque numérique du Campus Condorcet, ainsi que Calames, Isidore, et le portail européen Hope qui permettra d’en décupler la diffusion. Grâce à la numérisation, des chercheurs du monde entier pourront travailler sur des corpus encore peu exploités qui concernent la présence des étrangers dans les universités lors du mouvement social et, de façon plus générale, sa toile de fond internationale/internationaliste.

Par ailleurs, ce projet de numérisation est lié à plusieurs actions de valorisation : journées d’études et ateliers (« Mai vu des Suds » et « Le CHS prend la parole »), une exposition virtuelle sur les étudiants étrangers dans les universités françaises en mai-juin 68, un colloque sur les villes carrefours dans les années 60...