Publié le 20 septembre 2019 Mis à jour le 20 septembre 2019

Organisateur : Ined

Date(s)

du 16 octobre 2019 au 18 octobre 2019

Lieu(x)

Centre de colloques

Demostaf
Demostaf
Les objectifs de développement durable (ODD) définis en 2015 à l’horizon 2030 constituent un défi majeur pour le continent africain dont beaucoup de pays sont parmi les moins avancés. Avec la croissance démographique la plus forte au monde, l’Afrique traverse des transitions inédites, mais les situations de ses différents pays sont contrastées. Par exemple, dans de nombreux pays de la région, la mortalité des enfants a connu une baisse très rapide, alors que dans d’autres, cette mortalité se maintient aux niveaux les plus élevés à l’échelle mondiale. De même, les populations – en particulier urbaines - de plusieurs pays semblent engagées sur la voie d’une baisse continue de leur fécondité tandis que cette baisse est marquée par des ralentissements et des arrêts dans d’autres.

Défi supplémentaire, la situation démographique de l’Afrique et son évolution sont, dans le détail, très mal connues. La production de données, leur régularité et leur fiabilité est très variable d’un pays à l’autre. L’état civil est difficilement exploitable dans la plupart des pays. Parallèlement, si sur une partie du continent, des recensements et enquêtes régulières sont conduites par les instituts de statistiques nationaux et servent de base à la planification, dans certains pays africains la statistique publique peine à fournir des données régulières. En outre, les sources statistiques existantes sont sous exploitées et encore faiblement utilisées pour l’action en raison de problèmes de qualité de données mais aussi du temps et des moyens nécessaires à leur valorisation.

Dans les ODD, l’attention particulière portée aux inégalités et au fait que les progrès en matière de développement doivent bénéficier à toutes et à tous nécessite de produire des indicateurs au niveau géographique et socioéconomique le plus fin possible. Ce besoin implique un renforcement des liens entre la statistique publique et la recherche. Les données de recensement par exemple, bien qu’espacées dans le temps, donnent des informations démographiques et socioéconomiques au niveau individuel mais également à l’échelle des ménages, et ce, sur l’ensemble de la population d’un pays. Elles permettent de produire des indicateurs à des niveaux fortement désagrégés, de mener des analyses cartographiques, environnementales ou multiniveau. Parallèlement, l’enregistrement systématique des événements vitaux par l’état civil est encore rare sur le continent. Pour autant, il existe de longue date des systèmes efficients au niveau local. Des efforts sont aussi menés de manière à améliorer cet enregistrement en proposant des systèmes et des méthodes de collecte mieux adaptés au contexte (usage de la téléphonie mobile, détermination de causes probables de décès par des enquêtes auprès des proches…).

Ce colloque a pour objectif de mettre en lumière les recherches qui sont actuellement menées sur les dynamiques sociodémographiques en Afrique en mobilisant les données de la statistique publique, en particulier les recensements et l’état civil. Il s’agit d’aborder les caractéristiques de la population et leurs transformations, que ce soit en termes de fécondité et de santé de la reproduction, de famille et de nuptialité, de migration, de scolarisation ou encore de santé et de mortalité, dans les différents pays du continent africain, en les repositionnant dans leur contexte environnemental (urbanisation, densification du peuplement), social (rapports de genre et de génération) et économique (ressources, niveau de développement). Ce colloque sera également l’occasion d’une réflexion sur la manière de mener une recherche collaborative associant les producteurs de la statistique publique à l’analyse et à la valorisation des résultats.

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