Publié le 14 janvier 2020 Mis à jour le 17 janvier 2020

Ce Rendez-vous Condorcet est donné par Philippe Roger, historien à l'EHESS, et Bruno Karsenti, philosophe à l'EHESS. Il sera modéré par Barbara Cassin (CNRS), philosophe et académicienne.

Date(s)

le 16 mars 2020

De 18 h 30 à 20 h
Lieu(x)

Centre de colloques

place du Front populaire, Aubervilliers

Il y a des populismes, qui diffèrent entre eux suffisamment pour mettre en doute l’unité de la catégorie. D’où le soupçon que celle-ci n’en soit pas vraiment une, qu’elle serve surtout d’invective ou d’insulte, de péjoration afin de discréditer l’adversaire. C’est pourtant en assumant plus rigoureusement le pluriel qu’on rejoint la portée philosophique du mot. Dans les populismes, il n’en va pas seulement de polémique. Il en va de certaines tendances à l’œuvre dans les différents courants politiques qui structurent la modernité. Et donc d'une appréhension plus fine et plus discriminante de ce que nous sommes sur le point de devenir.

Le libéralisme, le socialisme, le nationalisme, chacun est disposé à sécréter du populisme, son populisme, avec sa coloration particulière. Cela lui arrive à un moment précis : lorsqu’il est confronté à l’exigence de « faire peuple », et pas seulement à exposer et à justifier la bonne manière de « faire société ». Le populisme naît de l’écart entre ces deux exigences, inséparables et pourtant distinctes. C’est pourquoi, en régime démocratique, ou plutôt dans une forme de société démocratique, il est voué à resurgir et à prendre de multiples formes. Nous essaierons de dégager une topique de ces formes, et d’indiquer quelques principes qui nous permettent de nous y orienter. Cela, sans récuser ni donner raison a priori à ce qui n’est assurément pas dépourvu de fondations dans notre condition de modernes : les populismes, nos populismes.

La conférence sera suivie d'un pot de l'amitié offert par le Campus Condorcet.