Publié le 22 juillet 2019 Mis à jour le 3 octobre 2019

Organisateur : Institut Convergences Migrations (CNRS, EHESS)

Date(s)

le 12 octobre 2019

Lieu(x)
Centre de colloques
Place du Front populaire

L’Institut des Migrations participe à la fête de la science 2019. Alternant prise de parole scientifique, projection de film, l’Institut et ses partenaires ont conçu une journée largement ouverte au grand public.

Les migrations sont régulièrement au cœur du débat public. Au rythme des échéances électorales, des faits divers, de l’actualité internationale… le public est constamment sollicité par les médias, les réseaux sociaux...

L’Institut des Migrations a notamment pour objectif de faire entendre la parole des scientifiques et d’enrichir le point de vue des citoyens par des données issues de la recherche en sciences humaines et sociales et des sciences de la vie. C’est le sens de la mission science/société que s’est donnée l’Institut des Migrations et d’une de ses déclinaisons : Migrations : des films et des chercheurs. Il s’agit de multiplier les rencontres entre chercheurs et grands public autour de films tout au long de l’année dans les salles de cinéma. La fête de la science 2019 est l’occasion de lancer cette initiative et de préfigurer ces rendez-vous réguliers.
 

Accueil et présentation (17 h 30)

En présence de Jean-Marc Bonisseau, président de l’établissement public du Campus Condorcet ; Samuel Guibal, délégué régional à la recherche et à la technologie, Ile-de-France ; Vincent Merlin, directeur de l’association Cinémas 93.

Présentation de l’Institut des Migrations et de son axe de travail science/société par François Héran, professeur au Collège de France sur la chaire Migrations et société, directeur de l’Institut des Migrations.

Présentation du dispositif Migrations : des films et des migrations par Jean Barthélemi Debost, responsable des partenariats locaux au sein de l’Institut des Migrations. Ce dispositif vise à multiplier les occasions de rencontre entre chercheurs et grand public dans les salles de cinéma autour de films sur les migrations.

 

« La figure de l’immigré dans le cinéma français depuis les années soixante-dix » (18 h)

Conférence illustrée de Yvan Gastaut, historien, maitre de conférences à l’université Côte d’Azur, chercheur à l’Urmis, membre honoraire de l’Institut des Migrations

Depuis quelques décennies, la « question » de l’immigration, devenue centrale dans la vie publique, n’a pas manqué de nourrir l’univers du cinéma français. Témoin des enjeux de son temps, le septième art a offert et offre encore des mises en scène de la diversité culturelle.

Au fil de séquences tirées des films qui ont rythmé l’évolution de la représentation de l’immigré sur les écrans en France en insistant sur les premières œuvres qui suivent la Guerre d’Algérie, tels Elise ou la vraie vie  de Michel Drach (1969), Soleil O de Med Hondo (1970), Dupont Lajoie de Yves Boisset (1974), Yvan Gastaut montrera comment les films ont traduit un changement de regard sur les « immigrés » en introduisant, au diapason de la société, la problématique des « secondes générations » avec par exemple Tchao Pantin de Claude Berri (1983), Le Thé au harem d’Archimède de Mehdi Charef (1983), Romuald et Juliette de Coline Serreau (1989), ou Métisse de Mathieu Kassovitz (1993). Yvan Gastaut s’interrogera également sur l’éventualité d’un retournement des stéréotypes raciaux avec des films populaires plus récents soucieux de valoriser la France plurielle sous toutes ses formes.

« Paris Stalingrad » (19 h)

« En racontant l’histoire de Souleymane, adolescent de 18 ans, réfugié du Darfour, je retrace l’histoire récente du parcours infernal des exilés dans Paris. Torturé par les milices soudanaises, mis en esclavage par des bandes armées dans les mines d’or au Tchad et au Niger, enfermé dans les prisons libyennes, jusqu’au jour de sa traversée clandestine et de son sauvetage en Méditerranée, l’odyssée de Souleymane aura duré cinq longues années. L’écriture poétique lui donne la force de rester en vie et de surmonter les violences subies tout au long de son périple.

Grâce à un tournage au long cours, je reconstitue dans le film une géographie parisienne de l’exil. En suivant Souleymane, on découvre la vie du quartier Stalingrad à Paris, laquelle est indéniablement changée par la présence des exilés : les campements de rue, les interminables files d’attente devant les administrations, les descentes de police, mais aussi la mobilisation de certains habitants du quartier pour les soutenir. Ma caméra témoigne de la transformation d’une ville. À chaque étape de la vie de Souleymane, je mesure combien Paris se ferme aux étrangers. »

Hind Meddeb, co-réalisatrice avec Thim Naccache de Paris Stalingrad, documentaire, France, 2019.

Paris Stalingrad est sélectionné par le Festival international de film de Toronto 2019.

Échanges (20 h 30)

En présence de Hind Meddeb et de Alice Franck, géographe, maîtresse de conférences à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, UMR Prodig 8586, membre honoraire de l’Institut des Migrations.

En présence de Hind Meddeb et de Alice Franck, géographe, maîtresse de conférences à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, UMR Prodig 8586, membre honoraire de l’Institut des Migrations.

Collation (21 h)

Entrée libre dans la limite des places disponibles