Publié le 10 janvier 2022 Mis à jour le 10 janvier 2022

Ce colloque est organisé par Unité Transversale de recherche psychogenèse et psychopathologie (UTRPP) de l'Université Paris Nord.

Date(s)

le 14 janvier 2022

de 9h à 17h30
Lieu(x)

Visioconférence

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Le terme « séparation » porte dans sa signification concernant les personnes l’idée de se quitter. La représentation d’une phase symbiotique succédant à une phase d’autisme normal, pendant laquelle le nourrisson est une monade fermée aux stimuli du monde extérieur, est désormais dépassée. Il serait davantage question de trouver un lieu, un espace, interne comme externe, pour nourrir son sentiment d’unicité et d’existence, à partir d’une première ébauche du self. Le holding maternel ouvre sur la différenciation soi-autrui et permet au bébé puis à l’enfant de se percevoir comme un ensemble insuffisamment cohérent pour assurer son sentiment d'identité et la continuité de son self. Ainsi s’élaborent progressivement les frontières moi/non moi participant du travail de différenciation psychique liés au premiers temps de la vie, sur fond d’angoisse de perte. Comme le propose A. Green, devenir sujet passe par un lâcher prise concernant l'objet, c'est-à-dire l'abandon de la main mise narcissique et du contrôle de l'objet. Pour se révéler subjectivant, ce travail psychique implique de laisser partir l’objet, ce qui signifie symboliquement le tuer ou le laisser mourir.

Comment penser l’articulation entre l’infantile et le pubertaire lorsqu’il est question de séparation ? Le concept de séparation/individuation repris de M. Mahler par P. Blos n’est plus à même de représenter le cœur du travail psychique de l’adolescent tant le terme « séparation » est galvaudé, source de bien des confusions de sens; quitter les parents et le foyer familial physiquement relève-t-il d’un authentique travail de subjectivation ? Est-on un jour séparé de ses objets primaires d’investissement ? Il est davantage question d’un travail d’élaboration auto-créative de soi passant par la transformation des objets internes comme du lien aux objets externes. Cela suggère qu’on ne cesse de remettre au travail les enjeux de séparation tout au long de la vie, confirmant par là le propos de J. Guillaumin : l’être humain n’atteint jamais une totale individuation et différenciation psychique.

Dans ce colloque, en se dégageant de l’opposition trop clivante entre normalité et psychopathologie, nous interrogeons le concept de séparation, notamment à travers ses incidences cliniques : de l’autisme à la névrose ordinaire en passant par les problématiques limites ou groupales, les conflits de séparation et de subjectivation traversent l’ensemble du spectre clinique.

Ce colloque de l’UTRPP (Paris Nord, SPN), inter-universitaire et inter-thématiques, sera accompagné par des posters de doctorants de l’UTRPP.