Publié le 24 novembre 2020 Mis à jour le 24 novembre 2020

Cette séance du séminaire « Les Lundis de l’Ined » est donnée par Aurore Koechlin (Université Paris 1, CETCOPRA)

Date(s)

le 14 décembre 2020

de 11h30 à 12h30
Lieu(x)

Visioconférence

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Cette communication s’appuie sur une recherche doctorale en cours qui vise à retracer dans une double perspective historique et ethnographique l’émergence, la production et la négociation d’une « norme gynécologique » enjoignant aux femmes de consulter régulièrement un·e professionnel·le de santé pour le suivi gynécologique, centré sur la contraception et le dépistage. J’aimerais interroger l’existence d’un modèle gynécologique français, articulé au « modèle contraceptif français » dont il est l’un des piliers (Bajos, Bohet, Le Guen, Moreau, et al., 2012). Comment entre-t-on, poursuit-on et éventuellement sort-on de la carrière gynécologique en tant que patiente ? En suivant chronologiquement les grandes étapes de cette carrière, qui semble se modeler sur l’évolution biologique des corps, je montrerai qu’elle n’en est pas moins le fruit d’un intense travail de la part des professionnel·le·s de santé pour socialiser les patientes à ce modèle et parvenir à maintenir le suivi gynécologique. Une attention particulière sera portée à l’articulation entre le suivi contraceptif et le suivi gynécologique plus global : si la contraception est la voie d’entrée majoritaire dans le suivi gynécologique et permet son maintien, elle peut aussi être facteur de déstabilisation du suivi gynécologique, notamment suite à la crise de la pilule (Bajos, Rouzaud-Cornabas, Panjo, Bohet, Moreau et al., 2014), mais pas uniquement. Enfin, l’existence d’un modèle gynécologique n’empêche pas l’existence de variations, ainsi que des modèles concurrents, qu’il s’agira de prendre au sérieux.


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