Publié le 19 mai 2020 Mis à jour le 19 mai 2020

Patrick Boucheron, Collège de France

Conférence donnée le 13 janvier 2020 dans le cadre du Cycle 2019-2020 « Être représenté, contribuer, faire société » des Rendez-vous Condorcet, et modérée par Maud-Perez Simon (Université Sorbonne Nouvelle).

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Une des manières les plus communes d’exprimer nos embarras politiques est d’évoquer une crise de la représentation : un fossé grandissant entre gouvernants et gouvernés mettrait en défaut l’espoir, pour chacun, d’être représenté, de contribuer à la chose publique et, partant, de faire société. L’inquiétude, en vérité, est double : les élites ne se représentent plus bien ce qu’est le peuple, le peuple ne se sent plus représenté par les élites. Telles sont les paradoxes de la représentation — envisagée ici dans son double sens de délégation politique et de représentation imaginaire. Pour les comprendre, un détour dans l’histoire peut s’avérer utile. On envisagera donc ici de partir de l’Italie communale et de ses expériences politiques, mêlant une politique de l’image à des pratiques de représentation.