Publié le 16 mars 2022 Mis à jour le 31 mars 2022

À l’automne 2020, quelque mois après le début de la pandémie de COVID-19, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation accordait un financement à la Plateforme SHS-Santé, portée par l’Institut des sciences humaines et sociales (InSHS) du CNRS. Ce programme ambitieux, installé par le CNRS au Campus Condorcet et réunissant plusieurs établissements membres, fait l’objet de cet épisode des podcasts "Terrains de recherche", consacré à l’apport des sciences humaines et sociales (SHS) à la recherche en santé et aux politiques de santé publique, à travers l’interview de Marie Gaille, directrice de recherche en philosophie au CNRS et directrice de l’InSHS.

Marie Gaille
Marie Gaille - Marie Gaille, directrice de l'InSHS

Un programme ambitieux

"Les sciences humaines et sociales (SHS) s’intéressent autant aux pratiques des individus, qu’à celles des familles ou des groupes sociaux, dans le rapport que chacun a à son propre corps, à la santé comme finalité […] mais aussi à la manière dont les sociétés décident de financer leurs systèmes de santé […] Elles s’intéressent bien sûr au rôle des acteurs économiques - comme les entreprises pharmaceutiques -, et enfin à la recherche en train de se faire dans le secteur biomédical : aux connaissances, aux méthodologies, aux enjeux éthiques de la recherche et du soin". En quelques mots, Marie Gaille résume les ambitions de cette plateforme.

Porté par le CNRS, en collaboration avec l’Ined, l’EPHE, l’EHESS et l’Université Sorbonne Paris Nord, ainsi que l’EHESP ou encore le CNAM, la plateforme a défini trois axes de recherches : la participation du public à la détermination des politiques de santé ; les effets des mutations environnementales, climatiques, démographiques, sur la santé humaine et les modes de vies ; et les inégalités sociales et territoriales de santé.

Étudier la pandémie, mais pas que

La pandémie de Covid-19 est bien sûr l’un des objets d’études de la plateforme. En effet, comme l’explique Marie Gaille dans le podcast, "la pandémie est un exemple parmi d’autres de contexte social dans lequel quelque chose survient sur le plan infectieux, et donc est étudié par les sciences biomédicales et les sciences environnementales, mais qui implique très vite les sciences humaines et sociales. On sait très bien qu’un virus ne va pas se diffuser de la même manière selon les modes de vie des personnes"

Ce fut d’ailleurs la thématique de la conférence organisée en juin 2020 au Campus Condorcet. Cette rencontre scientifique avait pour objectif, plus d’un an après le début de la pandémie de COVID-19 en France, de constituer un espace de partage et de discussion de résultats de la recherche en sciences humaines et sociales et santé publique au sujet de celle-ci et de ses effets.

Toutefois, imaginée en 2019, la plateforme SHS-Santé embrasse bien d’autres sujets. Ainsi, sa troisième thématique a été imaginée en lien avec l’emplacement de la plateforme au Campus Condorcet situé à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis pour étudier les mises en œuvre des politiques publiques de santé sur ce territoire. : "La Seine-Saint-Denis est un ensemble urbain dans lequel les questions d’inégalités sociales de santé sont particulièrement prégnantes. (…) C’est donc une manière de déployer une thématique permettant de nouer des liens entre le monde de la recherche, les habitants, et les acteurs publics et de santé de ce territoire", insiste Marie Gaille. 

Écoutez le podcast « Terrains de recherche : La Plateforme SHS-Santé ou l’éclairage des sciences humaines et sociales sur les problématiques de santé » sur (presque) toutes les plateformes de podcasts. 
 

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