Organisé dans le cadre de l’atelier « Santé, enjeux sanitaires et territoires » du laboratoire LADYSS, ce séminaire accueille Eric Delmelle, professeur invité à l’Université Paris 8, pour explorer les dynamiques spatiales de la santé à travers les mobilités, les environnements et les expériences vécues.
Organisation
Eric Delmelle, PR invité Université Paris 8 - Vincennes - Saint Denis, LADYSS / Associate Chair, Biostatistics and Health Data Science - Lehigh University : erd424@lehigh.edu
Vincent Godard, PR Université Paris 8 - Vincennes - Saint Denis, LADYSS : vincent.godard@univ-paris8.fr
Anne-Peggy Hellequin, PR Université Paris Nanterre, LADYSS
Eric Delmelle
Eric Delmelle est professeur agrégé et directeur adjoint du département de biostatistique et de science des données de santé à l'Université Lehigh.
Ses recherches portent sur l'épidémiologie spatiale, la science des données géospatiales de santé et la modélisation des inégalités de santé. Il utilise des techniques statistiques spatiales et spatio-temporelles avancées, la cartographie bayésienne des maladies, la géostatistique, le clustering spatio-temporel et l'apprentissage automatique pour analyser des données de santé à grande échelle.
Il s'intéresse particulièrement au développement d'outils d'analyse visuelle performants pour explorer les tendances et les incertitudes géographiques en matière de santé.
Présentation de son intervention
Cette présentation propose une lecture spatiale des dynamiques de santé à partir de travaux menés en collaboration, articulant mobilités, systèmes de soins et environnements.
Elle s’appuie d’abord sur plusieurs recherches portant sur les inégalités d’accès aux soins, en mettant en évidence les décalages entre les lieux de résidence des patients et les lieux effectifs de prise en charge. Des exemples aux États-Unis, notamment en Floride, illustrent comment ces déséquilibres spatiaux affectent des populations vulnérables, comme les enfants présentant des complications à la naissance.
La présentation aborde ensuite le rôle des mobilités individuelles dans la diffusion de certaines maladies, en particulier dans le cas des infections sexuellement transmissibles, en montrant comment les déplacements contribuent à structurer des dynamiques de propagation entre territoires.
Enfin, elle explore les interactions entre santé et aménagement du territoire, à travers l’étude des espaces verts urbains et des modèles d’accessibilité (par exemple dans une logique de « ville du quart d’heure »). Une attention particulière est portée aux données issues des citoyens, telles que les émotions exprimées sur des plateformes numériques, analysées à l’aide de modèles de langage à grande échelle, ainsi qu’à des initiatives de science participative (par exemple le signalement de tiques), mobilisées dans des cadres analytiques tels que la cartographie bayésienne.
À travers ces différents exemples, la présentation met en évidence l’intérêt des approches spatiales pour relier les échelles d’analyse, intégrer des données hétérogènes et mieux comprendre les interactions entre comportements, environnements et dynamiques de santé.