Publié le 14 janvier 2026 Mis à jour le 19 janvier 2026

Cette séance est organisée dans le cadre des Lundis de l'Ined. Elle sera animée par Delphine Gardey (professeure à l’Institut des études genre, faculté des sciences de la société à l’université de Genève) ; discutante : Marine Haddad (chercheuse Ined à l’Unité de recherche MIM (Migrations Internationales et Minorités).

Date(s)

le 19 janvier 2026

de 11h30 à 12h30
Type(s) d'évènements
Les lundis de l'Ined Logo
Les lundis de l'Ined Logo
En 1789, la France inaugure le cycle démocratique avec la déclaration des droits de l’homme, la citoyenneté et l’invention d’une souveraineté populaire qui prend la forme d’une assemblée nationale. Les femmes ne participent pas au festin démocratique. Citoyenneté et députation demeurent des privilèges masculins jusqu’en 1944 et 1945. Mais qu’en est-il des hommes des territoires colonisés ? Comment faire République quand on est un Empire ? Les colonies doivent-elles (ou non) être représentées à Paris et soumises à la loi commune ? Qui est digne d’incarner la souveraineté populaire, de siéger à la Chambre des Députés ou au Sénat, et de légiférer ? Quant aux droits obtenus aux Antilles à l’issue des deux actes d’abolition de l’esclavage (1794 et 1848), veut-on les étendre aux nouveaux sujets (Algériens, Indochinois, Africains de l’Ouest et de l’Est) d’un empire colonial en pleine expansion au moment de l’apogée républicaine et parlementaire que constitue la IIIe République (1870-1939) ?

L’intervention esquissera les caractéristiques oubliées et méconnues de la représentation parlementaire française dans le long terme de son histoire. A l’articulation des rapports coloniaux, de race et de genre, il s’agira de redonner à voir quelques trajectoires exceptionnelles (de Belley à Césaire, en passant par une série d’inconnu-es) et les marges d’autonomie définies par certain-es de ces acteurs-ices pour promouvoir et soutenir les droits de ceux et celles dont ils (et finalement elles) étaient les représentant-es.