Publié le 20 février 2026 Mis à jour le 20 février 2026

Ce colloque est organisé par Géographie-cités, Marie-Vic Ozouf-Marignier, Charlotte Becquart-Rousset et Nicolas Verdier.

Date(s)

du 26 mars 2026 au 27 mars 2026

de 9h30 à 17h30 - de 9h30 à 17h00
Type(s) d'évènements
Depuis ces dernières années, les publications consacrées à l’interdisciplinarité se sont multipliées, tant dans les sciences sociales que dans d’autres domaines (sciences expérimentales, sciences de l’environnement, sciences de l’éducation, etc.). La plupart s’inscrivent dans une réflexion épistémologique et théorique qui interroge souvent également d’autres formes de rapports disciplinaires : transdisciplinarité, multidisciplinarité pluridisciplinarité, etc. D’autre part, l’interdisciplinarité apparaît de plus en plus souvent comme une injonction adressée aux chercheurs par les organismes de recherche, de financement de la recherche et d’évaluation, à côté d’une exigence conjointe de spécialisation et d’excellence disciplinaire. Alors qu’elle n’est pas toujours justifiée ou explicitée dans les attentes de ces commanditaires, elle semble plutôt constituer un impératif indiscutable ou même une vertu du travail scientifique.

Face à ce constat, certains auteurs se livrent à des analyses souvent combinées des plus-values attendues et des obstacles rencontrés par la pratique interdisciplinaire. Les premières touchent souvent à la valeur heuristique et innovative de l’ouverture sur un ou d’autres savoirs, tandis que plus concrètement on met sur le compte des seconds les coûts professionnels de la maîtrise de plusieurs champs de la connaissance (temps de travail accru, identité scientifique floutée, difficulté d’obtention de postes ou de crédits, etc.). Certains dénoncent aussi les effets homogénéisants du dialogue interdisciplinaire qui favorise la recherche de consensus et de points communs, plutôt que la contradiction et le dépassement des certitudes.

Sans ignorer ou écarter ces inflexions de la réflexion sur l’interdisciplinarité, notre proposition est de nature différente à plusieurs égards. Elle souhaite ne pas se limiter à de simples comparaisons ou juxtapositions disciplinaires et élargir l’enquête en interrogeant des pratiques de l’interdisciplinarité à l’échelle de ceux qui la pratiquent. Nous avons donc choisi de porter le regard sur une collection d’objets : concepts, méthodes, raisonnements, enquêtes, passeurs, historiographies, collectifs, auteurs, traduction, carte et cartographie, etc. qui sont autant de vecteurs de l’interdisciplinarité. L’enquête portera donc sur les activités, dans une analyse au ras du sol, qui observe la recherche interdisciplinaire en train de se faire. Les diverses interventions ont croisé aussi bien des réflexions d’autobiographie intellectuelle, que des lectures de textes, ou des travaux sur certains auteurs qui se distinguent par leur production savante. Il s’agit donc ici de proposer une première synthèse sur la place de la géographie dans les interdisciplinarités en s’intéressant aux pratiques tout autant qu’aux concepts et problématiques.

PROGRAMME

Jeudi 26 mars 2026

Auditorium 150, Centre des colloques
9h : accueil
9h30 : introduction Marie-Vic Ozouf-Marignier et Nicolas Verdier

10h00 – 12h30 : Géographie et autres disciplines (1) : Archéologie, histoire, littérature et architecture : Charlotte Becquart-Rousset

  • Julie Gravier. Les interactions entre villes dans le passé et la longue durée : confronter théories et modèles géographiques à l’empirie archéologique et historique.
  • Anne Conchon. Transports et mobilités dans la France d’Ancien Régime : un objet d’études à la croisée des disciplines.
  • Jean-Louis Tissier. Géographie et littérature. Une pratique indisciplinée (ou indisciplinable).
  • Isabelle Chesneau. Géographie : une autonomie sous influence.
14h-17h30 :
Auditorium 150, Centre des colloques

Session 1 L’interdisciplinarité par les cartes : Christian Grataloup

  • Paolo Militello. Les “Annales” et la cartographie: usage et commande des cartes par les historiens (Febvre, Bloch et Braudel).
  • Rémy Delage. Ethnologie et géographie. Enquêtes de terrain et pratiques cartographiques en Inde rurale.
  • Sandrine Robert. Enjeu du vocabulaire dans l’interdisciplinarité : l’exemple de l’étude du paysage.
  • Charlotte Becquart-Rousset. La cartographie : instrument du dialogue entre histoire et géographie ?
Salle 1023, Bâtiment de recherche sud

Session 2 Renouvellement par les studies : Nadine Roudil

  • Camille Schmoll. Géographie et études migratoires. L’institutionnalisation d’un champ par une discipline.
  • Alexandra Mallah. La fabrique de l’interdisciplinarité : géographie et gender studies en dialogue dans le cadre d’une recherche doctorale.
  • Anne-Lise Humain Lamoure. Pluri-, inter-, in-disciplinarités dans les manifestations scientifiques : l’exemple des études urbaines dans Calenda.

Vendredi 27 mars 2026

Auditorium 150, Centre des colloques

9h30-12h30 : Géographie et autres disciplines (2) : Anthropologie, linguistique et toponymie : Denis Eckert

  • Klaus Hamberger. Cartographier le genre dans une ville ouest-africaine.
  • Christine Chivallon. Réflexivité, pouvoirs, matérialités, depuis les entre-deux disciplinaires.
  • James Costa et Maelenn Talvat. Au-delà des cartes linguistiques : Comment les langues minoritaires produisent des hétérotopies.
  • Frédéric Giraut. Quand la géographie politique et culturelle, rencontre linguistique, socio-linguistique, géomatique et sémiotique : l’expérience de la Chaire Unesco en toponymie inclusive « Dénommer le Monde ».
13h30 – 16h00 :
Auditorium 150, Centre des colloques

Session 1 : Objets et méthodes, Béatrice von Hirschhausen

  • Guillaume Calafat. Géohistoire et discordance des temps : la Méditerranée et le canal de Sicile.
  • Jacobo Garcia Álvarez. La construction de la frontière comme objet interdisciplinaire : des études sur les limites frontalières aux études frontalières.
  • Laurent Beauguitte. Quand la géographie nord-américaine découvre la théorie des graphes : Garrison et Huff, décembre 1959.
  • Thomas Thévenin. Les bases de données géohistoriques : un vecteur pour l’interdisciplinarité.
Salle 1023, Bâtiment de recherche sud

Session 2 : Acteurs : individus et collectifs : Denis Wolff

  • Denis Eckert et Michel Grossetti. La géographie des activités scientifiques : un champ construit dans l’interdisciplinarité.
  • Jessica Martin. Discours et pratiques de l’interdisciplinarité au Laboratoire de cartographie/graphique (LC/LG) de la VIe section/EHESS.
  • Laurence Lestel. Géographie et interdisciplinarité au sein du PIREN Seine.
  • Julien Aldhuy. Aux origines de l’interdisciplinarité chez Jean Labasse : entre objet, position et contexte ?
16h20-17h00 : conclusion et projet du livre : Charlotte Becquart-Rousset, Marie-Vic Ozouf-Marignier et Nicolas Verdier