Publié le 9 avril 2024 Mis à jour le 9 avril 2024

Cette journée d'études est organisée par le Centre d'études truques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC) en collaboration avec le Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES).

Date(s)

le 26 avril 2024

de 9h à 19h
Lieu(x)
Type(s) d'évènements

Le Centre d’Études Turques, Ottomanes, Balkaniques et d’Asie Centrale (CETOBaC) de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris se consacre à l’analyse des réalités historiques et contemporaines des populations turcophones en Turquie, dans les anciennes régions de l’Empire ottoman et en Asie centrale. Son travail englobe non seulement l’étude de ces populations, mais aussi de leurs relations avec leurs voisins, en sus des questions sociales, culturelles et politiques qui en découlent. Le Centre élargit en outre son champ d’étude vers l’Est, incluant l’Iran, l’Afghanistan et la Chine, ainsi que vers l’Ouest, en s’intéressant à l’Europe centrale et orientale. Le CETOBaC rassemble des historiens, des sociologues, des anthropologues, des géographes, des linguistes et des politologues autour de six domaines de recherche : l’Histoire de l’Empire ottoman, la Turquie contemporaine, les Balkans à l’époque contemporaine, l’Asie centrale et le Caucase, les Langues, cultures et sociétés de la région turque, ainsi que l’Islam et le soufisme.

Chaque année, le CETOBaC organise une rencontre avec une institution de recherche partageant des intérêts scientifiques similaires. Ces échanges entre chercheurs offrent une plateforme pour discuter de nos recherches sur les Balkans, la Turquie, l’Empire ottoman et l’Asie centrale dans toutes les disciplines. L’édition 2024 de l’atelier CEFRES-CETOBaC sera articulée autour de trois thèmes principaux :

  • Post-ottoman, post-Habsbourg, post-socialiste. Réflexion sur le passé dans le présent.

Ensemble, nous explorerons les héritages des grandes configurations impériales qui ont profondément influencé l’Europe centrale et orientale aux XIXe et XXe siècles. Nous accorderons une attention particulière à la manière dont ces configurations ont non seulement façonné la structure sociale, mais aussi organisé le domaine des sciences sociales. Comment abordons-nous les multiples « post- » ? Comment les concevons-nous ? En examinant la production située de connaissances, cette première section traitera de l’institutionnalisation des « aires culturelles » en France et en Europe centrale et orientale à travers des concepts. Cette section fait suite à une collaboration fructueuse lancée par Lucie Drechselová lors de son association avec le CEFRES en septembre 2023, qui a donné lieu à un atelier doctoral intitulé « Les dynamiques de la participation politique : connaissances disciplinaires à travers le prisme des ‘études régionales.’ »

  • Études mémorielles

En étroite relation avec la première section, la seconde partie de la journée explorera les études mémorielles. L’objectif est de stimuler le dialogue sur les recherches actuelles consacrées à la formation, à la préservation, à la transmission, à la contestation et à l’oubli des mémoires individuelles et collectives. Nous aborderons en outre les pratiques de commémoration et d’interprétation du passé, en sus des stratégies de réconciliation et de guérison dans les sociétés post-conflit. Cette section examinera également sous différents angles le thème récurrent de la « nostalgie », laquelle anime une multiplicité de contextes dans les espaces post-soviétique et post-ottoman, ainsi que – dans une moindre mesure – dans l’ancienne Tchécoslovaquie.

  • Les sciences sociales en péril.

La troisième partie de la journée prendra la forme d’une table ronde, se focalisant sur les difficultés auxquelles sont confrontées nos disciplines, tant en France, en Europe orientale qu’en Turquie. Nous discuterons des effets combinés des coupes budgétaires et des décisions gouvernementales restreignant la liberté académique, contrôlant les sujets de recherche, ainsi que limitant la diffusion de résultats potentiellement politiquement inquiétants. Ce débat sera suivi de la projection d’un documentaire.