Publié le 2 février 2026 Mis à jour le 3 février 2026

Cette soutenance de thèse est organisée par l'Université Sorbonne Paris Nord. Elle est présentée par Cecilia Rodrigues Ribeiro, sous la direction de la professeure Cristina Lindenmeyer et la co-direction de la professeure Maria Livia Tourinho Moretto.

Date(s)

le 19 février 2026

à 9h

La soutenance se déroulera devant un jury composé de :

  • ABDELOUAHED, Houria, Université Sorbonne Paris Nord, Présidente du jury

  • GIVRE, Philippe, Université Paris-Cité, Rapporteur

  • VIVES, Jean-Michel, Université Côte d’Azur, Rapporteur

  • ASSOUN, Paul-Laurent, Université Sorbonne Paris Nord, Examinateur

  • LINDENMEYER, Cristina, Université Sorbonne Paris Nord, Directrice de thèse

  • MORETTO, Maria Livia Tourinho, Université de São Paulo, Co-directrice de thèse

Dans les démarches écologistes et politiques actuelles, les populations autochtones du Brésil sont au centre d’attentions gouvernementales et institutionnelles ponctuelles. Pourtant, les membres de ces communautés souffrent de la destruction permanente à la fois de leurs cultures et de leurs repères identitaires. Cela conduit à des destins tragiques très peu étudiés depuis une perspective psychanalytique : l’addiction et le suicide. Ces phénomènes seront traités sous le paradigme d’une souffrance psychique et non en termes nosographiques afin de faire un véritable dialogue disciplinaire, surtout avec l’anthropologie. A partir du travail de la mise en place du tissu culturel, comment introduire l’inconscient et la souffrance dans le débat qui semble politique et social ? Les taux élevés d’addiction et de suicide des populations autochtones, dans ces contextes de violences historiques et actuelles, sont-ils des symptômes sociaux ? Comment ce tissu historique transmet les éléments inconscients ? Le malaise du sujet est-il le reflet du malaise social ? En particulier, cette recherche étudie la population Karajá, très reconnue dans les sciences humaines et sociales et dont les sujets sont très touchés par ces destins psychopathologiques. Confrontés à la destruction de leur territoire et de leur culture, les sujets semblent se constituer dans des ruines et des bribes identificatoires. Les frontières du territoire géopolitique sont en lutte. Les frontières du territoire psychique semblent troublées. Face à la destruction permanente de leur mode de vie et de l’existence de soi, comment les sujets peuvent-ils poursuivre le travail de la culture ? Ils cherchent une issue et trouvent, comme première réponse, l’objet addictif. Quand les enjeux identificatoires mortifères sont trop profonds, le suicide, en masse, devient la sortie définitive : se laisser mourir. Ces phénomènes seront analysés par le biais d’un concept naissant, le traumatisme contingent. Le traumatisme contingent concerne la transmission traumatique d’un état de détresse en continu qui semble figer les issues pulsionnelles. Un deuxième destin pulsionnel émerge, l’actualisation d’un totem féminin, la Ritxoko, qui permet la démarcation du territoire. Pourtant, l’importance de cette figurine faite en terre par les femmes Karajá dépasse les enjeux sociaux et géopolitiques. Elle est notamment très importante dans des issues sublimatoires et non-pathologiques de la population. La présente thèse est une mise en pratique de la nécessité de naviguer entre les disciplines des sciences humaines et sociales afin d’assurer non seulement une vision plus complète du contexte mais, surtout, une vision non stigmatisante de la population. La méthode de théorisation ancrée a été employée et son adaptation à la grille psychanalytique a donné lieu à la systématisation de la méthode de lecture transversale de l’œuvre complète freudienne MT-OCF. En prenant en compte l’analyse métapsychologique à partir de la souffrance psychique, il a été possible de proposer un dispositif clinique basé sur les analyses de cette étude.