Publié le 28 novembre 2016 Mis à jour le 27 septembre 2019

Danièle Lochak, CNRS

Conférence donnée le 28 novembre 2016 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire »


Peut-on concilier les impératifs auxquels obéissent aujourd’hui les politiques migratoires et les modalités de leur mise en œuvre avec le respect des droits de l’homme ? La question renvoie à une interrogation classique du droit international, qui prend aujourd’hui une intensité et une actualité particulières : jusqu’à quel point les États peuvent-ils invoquer leurs prérogatives souveraines pour faire obstacle à la libre circulation des personnes et entraver ainsi l’exercice d’une série de droits fondamentaux ? On se trouve ici face à un paradoxe : alors même que, tirant les conséquences du caractère universel des droits de l’homme, on a fini par admettre que leur jouissance devait être assurée sans considération de nationalité, les impératifs de la maîtrise des flux migratoires conduisent non seulement à justifier des restrictions croissantes aux droits fondamentaux des étrangers, mais à accepter le risque de violations caractérisées de ces droits.

 

En savoir plus

DANIÈLE LOCHAK, Face aux migrants : État de droit ou état de siège ?, Textuel, coll. Conversations pour demain, 2007
CLAIRE RODIER, Xénophobie business, La Découverte, 2012
Plein droit, la revue du Gisti, n° 105, « Naufrage de l’asile », juin 2015
La liberté de circulation : un droit, quelles politiques ?, Coll. Penser l’immigration autrement, 2010, consultable en ligne sur le site du Gisti
www.gisti.org