Publié le 19 juillet 2019 Mis à jour le 27 septembre 2019

Jacques Vallin, INED

Conférence donnée le 10 février 2014 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »


Au début des années 1930, la politique de confiscation des récoltes a causé une terrible famine dans les régions céréalières du sud de l’URSS et tout particulièrement l’Ukraine. Les conséquences démographiques – déficit de naissances, surmortalité, migrations – ont été massives. Néanmoins leur ampleur réelle a longtemps fait l’objet d’estimations contradictoires, faute d’accès à l’ensemble de l’information. Pour l’Ukraine, une réévaluation précise fondée sur toutes les sources disponibles permet aujourd’hui de fournir un ordre de grandeur à peu près fiable des pertes immédiates : 2,6 millions de morts, 1 million de naissances manquantes et presqu’autant de déportés. Soit au total 4,6 millions. Les pertes de la seconde guerre mondiale ont été encore plus lourdes : 12,5 millions. Elles ont aussi eu elles-mêmes des conséquences à long terme qui pèsent encore aujourd’hui sur l’état de la population ukrainienne. Mais pour être complet il faut aussi comparer ces pertes à celles qu’a produites la crise plus insidieuse qu’a connu le système sanitaire de ce pays depuis le milieu des années 1960.
 

En savoir plus

Mortalité et causes de décès en Ukraine au XXe siècle, J. MESLÉ, J. VALLIN, INED, PUF, Paris, 2003.